Pour commencer, comment vous présenteriez-vous à quelqu’un qui ne vous connaît pas encore?
Je suis passionné par la recherche appliquée, par l’énergie et par les nouvelles technologies, mais surtout par leur capacité à répondre à des problèmes concrets. Mon parcours m’a amené à travailler à la fois en recherche, en enseignement universitaire, en développement technologique et en gestion de projets. Je continue d’ailleurs à être très impliqué dans le milieu universitaire, notamment à travers la supervision d’étudiants. Aujourd’hui, comme directeur du CR2ie, j’essaie justement de faire le pont entre ces différents univers : la recherche, les besoins des entreprises et la formation de la relève.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre rôle de directeur du CR2ie?
La diversité; il n’y a pas deux journées pareilles, ou si peu! En effet, le matin, on s’affaire sur un projet lié à l’hydrogène, par la suite, on discute d’intelligence artificielle ou de batteries, puis on rencontre une entreprise qui arrive avec une problématique tout à fait différente.
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est de partir d’un besoin concret et de réunir les bonnes personnes et les bonnes expertises pour tenter d’y répondre.
Quelle est votre vision pour le CR2ie au cours des prochaines années?
Mon souhait est que le CR2ie continue de croître, tout en développant une identité forte autour d’un certain nombre d’axes de travail où nous nous démarquerons de manière incontestable. Je pense notamment aux microréseaux et aux réseaux intelligents, au stockage d’énergie, à l’hydrogène et à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les systèmes énergétiques.
Je souhaite aussi poursuivre le développement de nos infrastructures de recherche et surtout, à renforcer nos collaborations avec les entreprises, les universités, et les autres centres de recherche. L’objectif étant que le CR2ie soit reconnu comme un partenaire capable de transformer une idée ou une problématique industrielle en projet concret de recherche et d’innovation.
Quels sont vos principaux objectifs pour le CR2ie pour la prochaine année?
Nous avons plusieurs projets importants qui démarrent ou qui prennent de l’ampleur. L’un de mes principaux objectifs sera donc de consolider notre équipe et nos infrastructures, afin d’être en mesure de bien les réaliser.
Nous voulons notamment poursuivre le développement de nos capacités en microréseaux, en hydrogène et en stockage d’énergie, tout en renforçant nos collaborations avec les entreprises et avec nos partenaires de recherche. Je souhaite aussi que l’on implique plus d’étudiants dans nos projets, puisque la recherche appliquée doit aussi servir à former la prochaine génération de professionnels et de chercheurs.
Quelle importance accordez-vous aux collaborations avec les entreprises, les chercheurs et les partenaires?
Cette collaboration est essentielle. Je crois beaucoup à la complémentarité des expertises. Un centre comme le CR2ie ne peut pas tout accomplir seul, et là n’est pas non plus notre ambition. Les entreprises connaissent leurs réalités et leurs défis, et le rôle des chercheurs est de fournir différentes expertises scientifiques, par conséquent, notre centre de recherche peut servir de point médian entre les différentes instances impliquées. Les meilleurs projets sont souvent ceux où chacun apporte une partie de la solution.
Quelle innovation énergétique vous fascine particulièrement en ce moment?
Les jumeaux numériques appliqués aux systèmes énergétiques m’intéressent particulièrement. La possibilité de reproduire virtuellement un microréseau, un système de stockage ou d’autres infrastructures énergétiques et de les tester en temps réel ouvre un grand éventail de possibilités.
Lorsque l’on combine toutes ces structures avec l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables, les batteries ou encore l’hydrogène, on peut tester différents scénarios, anticiper certains comportements et optimiser les systèmes, avant même d’intervenir sur les installations réelles. Il s’agit d’un domaine qui évolue rapidement et pour lequel le CR2ie peut apporter une contribution plus que déterminante.
Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui souhaite faire carrière dans le domaine de l’énergie et de l’innovation?
Dans un premier temps, je lui conseillerais de rester curieux et de ne pas s’enfermer trop rapidement dans un seul champ de recherche. Le domaine de l’énergie devient de plus en plus pluridisciplinaire : on y retrouve l’électricité, l’informatique, l’intelligence artificielle, la mécanique, la chimie, et plusieurs autres disciplines.
Par la suite, je lui conseillerais aussi de chercher le plus tôt possible des projets concrets auxquels il participera. C’est le passage obligé, en quelque sorte, de la théorie à la pratique, puisque des éléments techniques trouvent leur appui dans des réalisations concrètes ou en passe de le devenir. C’est toute la beauté de la recherche.
En un mot, comment décririez-vous le CR2ie?
Ambitieux.
Nous sommes un centre relativement jeune, avec des forces vives en constante évolution scientifique. Nous avons encore beaucoup de choses à construire, qui ouvrent un éventail de possibilités illimitées de recherche.
